Reportage et reportage dessinée, quelle différence

Les 7 et 8 novembre 2015 ont eu lieu à Paris, dans les locaux de l’ancien couvent des Récollets, le festival Esprit Libre organisé par Librest, les libraires de l’Est parisien. Le thème général est « Frontière(s) ». Frontières terrestres, intellectuelles, culturelles, sociales… beaucoup d’aspects sont traités.

J’ai eu le plaisir d’assister à une présentation organisée par la Revue Dessinée, autour de la question des frontières terrestres, et de leur traversée plus ou moins simple pour chacun d’entre-nous. Cédric Liano, Kriss, Taina Tervonen et Jeff Pourquié ont échangé sur ces questions.

Une question de forme m’a intéressé et fait l’objet du sketchnote ci-dessous. Quelle différence de conception entre reportage dessiné, et reportage classique ?

différence entre reportage, et reportage dessiné

Les auteurs ont d’abord constaté qu’il s’agissait d’une rencontre, entre un(e) journaliste qui ne connaît pas nécessairement l’univers du dessin, un(e) dessinateur novice sur la question traitée, et deux subjectivités. Cédric Liano rencontre un ancien ami, Guibert rencontre un photographe ou un vétéran de la guerre… A quelques exceptions, on a la confrontation d’un média très subjectif, avec le travail d’investigation ou de narration d’une personne qui ne pense pas « scénario ».

Et justement, il est question de subjectivité. Le codage du reportage exclut la subjectivité. Là encore, il y a quelques exceptions, notamment lorsque des personnalités connues endossent le rôle de reporter. Mais la bande dessinée permet de se mettre en scène, de présenter ses interrogations, ses doutes, et même le « making of » en même temps que le reportage. Taina Tervonen nous a dit que cela l’avait éloigné d’une présentation très chiffrée à laquelle elle était davantage habituée.

Enfin, les techniques de narration sont différentes. Les palettes peuvent évoquer des lieux et des ambiances, comme dans le reportage que Taina Tervonen et Jeff Pourquié consacrent à Frontex dans la Revue dessinée du printemps 2015. Le style graphique peut varier et s’adapter ) la narration, comme le fait Cédric Liano dans Amazigh. Les auteurs auraient pu citer le lettrage, le découpage, le cadrage, qui sont autant de paramètres sur lesquels les auteurs peuvent jouer.

J’ajouterai, et c’est personnel, qu’un reportage télévisé ou dans une revue est souvent plus éphémère. La revue dessinée n’est pas destinée à être jetée une fois consultée. Elle est lue et relue, parfois à quelques mois d’intervalle.

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